Un vieux bus aménagé de façon à pouvoir accueillir une trentaine de personnes, avec des bancs en bois, trois écrans de projection, des images de l´Inde accrochées au mur, une cuisine typique dans un coin, un magasin indien dans l´autre: voici un environnement propice au dépaysement, à un voyage pas comme les autres.
A bord de l'Orissa Express: La Grande-Duchesse Maria-Teresa et le Ministre de la Coopération Charles Goerens, en compagnie de Gérard Pfeiffer, président d'AEI, et de Liliane Ries, vice-présidente d'AEI - à l'occasion du bazar indien de AEI Une cinquantaine de classes issues de huit lycées différents ont eu l´opportunité, début janvier, de faire ce voyage un voyage qui les a conduit chez les cultivateurs de riz dans l´Etat d´Orissa, à l´est de l´Inde.
Quelles sont les images de l´Inde qui vous passent par la tête? Que connaissez-vous sur l´Inde? Que savez-vous au sujet du riz? Quelques questions lancées par l´animateur du bus pour tester le bagage des jeunes et pour situer le sujet. Les connaissances sont limitées: vaches sacrées, pays pauvre, population nombreuse, autre religion que nous les seules réponses qui jaillissaient à chaque animation.
Avant de lancer la discussion, un vidéo de 17 minutes a été montré aux jeunes pour qu´ils se plongent dans la vie quotidienne des cultivateurs, avec tous leurs problèmes et leurs espoirs. Projetées sur trois écrans simultanément, les images ont su capter l´attention des jeunes et les emmener dans ce village d´un millier d´habitants.
Attentifs aux propos tenus par une jeune rizicultrice, les jeunes ont rapidement su énumérer les multiples barrières qui empêchent une vie meilleure: le manque d´eau, le monopole de la décortiquerie qui fixe le prix d´achat, des emprunts à des taux très élevés, l´obligation d´acheter les semences ainsi que les engrais et les pesticides, le manque de terres à cultiver, des prix de vente trop bas, la malnutrition des enfants
Le film ne s´arrête pas à la simple énumération des problèmes, mais montre également les résolutions prises par les riziculteurs. Les jeunes ont ainsi vu que les cultivateurs se sont regroupés sous forme de coopérative, afin de lutter entre autres pour l´accès à la terre, pour la mise en place de leur propre décortiquerie et pour l´octroi de mini-crédits à des taux plus avantageux. Un des membres a même constitué sa propre banque de semences traditionnelles, qui sont mieux adaptées aux conditions naturelles difficiles. La biodiversité est ainsi garantie.
A travers toutes ces initiatives, les cultivateurs prouvent qu´ils se battent pour subvenir eux-mêmes à leurs besoins, pour devenir plus indépendants des grandes multinationales, des bailleurs de fonds, des grands propriétaires, etc.
Loin de nos yeux .loin de nos préoccupations! Leurs problèmes ne nous empêchent pas de dormir. Pourquoi nous intéresser alors au sort des cultivateurs de riz en Inde? Comment pouvons-nous, consommateurs venant de pays riches, les appuyer dans leurs efforts? Voulons-nous vraiment les aider ? Des questions chocs qui ont amené les jeunes à réfléchir sur les rapports entre ces deux mondes et surtout sur le commerce équitable.
Une leçon intéressante pour montrer aux élèves que les populations du sud sont pleines de ressources et que l´aide venant du nord doit dépasser le stade du simple envoi de matériel et d´argent; que la dignité des personnes passe par la souveraineté alimentaire "mange et décide" et non par la sécurité alimentaire "mange et tais-toi".
Le Réseau pédagogique Education au Développement, coordinateur du passage du bus Orissa Express dans les Lycées, met à disposition des enseignants intéressés une exposition A la découverte du riz, ainsi que du matériel pédagogique sur le riz (vidéos, dias, textes, etc.).
Enfin, la production de cacao et la directive européenne sur la substitution du beurre de cacao par des graisses végétales, le jus d'orange et le travail des enfants, les plantations de bananes et les conséquences sur l'environnement, les conditions de production des vêtements et des jouets sont autant de sujets préparés par le Réseau pédagogique et qui peuvent être traités en classe sous forme d'ateliers. D'autres sujets sont en cours de préparation.
Pour toute information, veuillez contacter l´animatrice du Réseau, Delfina Beirão, au tél. 400 427-33