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Analyse du projet de loi portant réforme de la formation professionnelleAPELTAM

Le projet de loi portant réforme de la formation professionnelle s’applique à :

  • la formation professionnelle de base, sanctionnée par un certificat officiel (CITP)
  • la formation professionnelle continue
  • la formation de reconversion professionnelle (Art 1. et 2.)
  • la formation professionnelle initiale, sanctionnée par un diplôme ou un certificat officiel (DAP et DT)

La formation professionnelle se fait alternativement en milieu professionnel et en milieu scolaire. L’enseignement des matières est basée sur des modules. Plusieurs modules forment une unité capitalisable, plusieurs unités capitalisables mènent à un des certificats ou diplômes mentionnés ci-dessus.

(Art 2.)

Le système de la formation professionnelle repose sur un partenariat entre l’Etat, les chambres professionnelles patronales et les chambres professionnelles salariales qui sont les porteurs de la formation.

(Art 3.)

Un comité à la formation professionnelle a pour mission de

  • conseiller le Gouvernement en vue de définir la politique en matière de formation professionnelle
  • assurer la coordination des actions des départements ministériels et des chambres professionnelles concernés notamment en ce qui concerne l’anticipation des besoins en formation professionnelle
  • contribuer à définir la politique en matière d’information et d’orientation, de conseil et de guidance ainsi que coordonner les activités des différents services concernés par ces matières (Art. 4.)
  • favoriser une meilleure adéquation entre les objectifs de la formation professionnelle et les besoins des différents secteurs de l’économie

Le projet de loi 5622 va la main dans la main avec le « nouveau cadre pour le cycle inférieur et le cycle moyen de l’enseignement secondaire technique » et le 5611.

Ces extraits des Art 1.- 4. montrent l’objectif, mais également un certain nombre de risques, contenus dans ce projet :

  • L’enseignement par modules et unités capitalisables permettant aux élèves une formation individuelle et sur mesure nécessite une organisation énorme à l’intérieur des lycées et des entreprises.
  • Où trouver toutes les places de stages et apprentissages pour les milliers d’étudiants, qui en ont besoin pour réaliser leur modules et unités capitalisables ?L’omniprésence des chambres professionnelles donne lieu à certaines craintes :
    1. la dépendance d’un secteur économique, telle que nous l’avons connue dans le passé avec la sidérurgie et momentanément avec le secteur financier.
    2. L’évaluation de la formation peut-elle être impartiale, si elle dépend en majeure partie des chambres professionnelles qui assurent simultanément le rôle de conseiller de gouvernement en matière d’orientation et de formation professionnelle.
    3. Est-ce que les entreprises se rendent compte des efforts supplémentaires, notamment au sujet de la formation du personnel tuteur qu’il faut pour accompagner valablement le stagiaire dans sa formation.
  • L’âge minimum d’un jeune travailleur est fixé à 16 ans. Comment donc réaliser un stage ou apprentissage obligatoire avant cette date limite ?
  • Il est un fait qu’au Luxembourg il y a un manque de qualifiants universitaires. Or avec ce projet il devient encore plus compliqué, voire impossible d’accéder à des études supérieures. Les nombreux stages et apprentissages retardent la maîtrise de la matière théorique, nécessaire pour un bac technique. Les détenteurs du DAP et du DT peuvent avoir accès à des études techniques supérieures à condition d’avoir réussi un examen organisé sur le plan national. Or il n’est pas précisé si cet examen a lieu tous les ans indépendamment du nombre de candidats. En cas contraire, l’Etat empêche les étudiants de continuer leurs études dans un laps de temps convenable.
  • L’équivalence des bacs EST/ES est mise en cause.
  • Le régime du technicien, tel qu’il existe aujourd’hui, est incorporé dans le régime professionnel.
  • La reconnaissance des certificats et diplômes à l’étranger est nullement clarifiée.
  • Le projet de loi qui prévoit la formation de comités et de commissions spéciales, ainsi que la fixation de leurs indemnités, ne répond pas aux questions fondamentales mentionnées ci-dessus. Au contraire, l’avenir de nos enfants et donc aussi de notre économie reste à fixer par règlement grand-ducal, dont personne ne connaît le contenu.

Il ne s’agit ici que de quelques problèmes qui s’imposent. Si vous désiriez savoir d’avantage, vous trouverez le texte entier du projet de loi, ainsi que d’autres informations tels que interviews sur la page NEWS du site http://www.ltam.lu et sur http://www.fapel.lu.

Le comité de l’APELTAM reste à votre entière disposition pour répondre à vos questions de la meilleure façon possible

actualisée le 2009.12.21 — © Lycée des Arts et Métiers